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 Un gîte touristique qui se double d'un véritable musée

La Presse, Montréal, Samedi 19 août 2000

 Guy Pinard

"Devant vous, un ensemble de chaises victoriennes datant de 1830. Regardez de plus près. Vous voyez ? On a sculpté la tête de la reine Victoria dans le haut du dossier. Là, ce sont des chaises de style jacobin. Elles sont bicentenaires. Plus loin, vous voyez le piano. Il s'agit d'un piano à clavier avancé en bois de rose construit en 1911. Une oeuvre d'art, et il fonctionne!"

Pendant que M. Parent décrit le mobilier du grand salon double divisé par un arche décoratif, nous allons d'épatement en émerveillement, Et à l'écouter les yeux fermés, on croirait entendre le guide d'un musée consacré à l'histoire de l'ameublement, mais pourtant nous sommes dans un Site touristique du Vieux-Trois-Rivières, en face de la maison qu'habitait Maurice Le Noblet Duplessis au temps de sa mort en 1959.

Quelques moments plus tôt, tout en nous servant un petit déjeuner gargantuesque, Roch Parent nous avait raconté l'histoire de cette maison que sa femme Michelle et lui ont achetée en novembre 1999 avec la ferme intention d'y aménager un gîte touristique hors du commun, témoin actuel des intérieurs cossus du Trois-Rivières du XIXe siècle. Et ils ont réussi au point qu'il a sans doute toutes les raisons de prétendre, comme il l'a fait devant nous, que la Petite Auberge de la Bonaventure (ou manoir de Blois, on verra plus loin pourquoi) représente "le gîte touristique le plus remarquable au Québec".

"Ma femme et moi avons voyagé partout au Québec, surtout en gîtes touristiques, et en toute modestie, je peux affirmer qu'à ce jour, je n'en ai jamais habité un supérieur au nôtre", a-t-il dit sans ambages, sans savoir évidemment que j'étais journaliste et que ses propos seraient repris dans votre quotidien préféré.


L'histoire

Mais reculons dans le temps pour retracer brièvement l'histoire de cette résidence de pierre qui se singularise par sa grande galerie latérale voisine d'une fontaine au calme irrésistible. Située en bordure de la rue Bonaventure, à deux pas de la cathédrale, du parc Champlain et de l'ancienne prison de la ville, la maison fut construite en 1828 à la demande du sénateur Antoine Polette, deuxième maire de Trois-Rivières. Il s'agissait comme aujourd'hui d'une résidence à deux étages coiffées d'un toit à quatre versants.

La famille Polette l'occupa jusqu'en 1868. Au gré de transactions, elle aboutit à la fin du XIXe siècle entre les mains d'Octave Girard, propriétaire de l'entreprise de cercueils Girard-Godin (non, il n'y a pas de fantômes dans la maison, du moins à ce que je sache...).

En 1964, les descendants de Girard (vers 1920, ils avaient fait construire une rallonge à l'arrière pour abriter une cuisine plus moderne) vendent la propriété à des professionnels qui y installent des bureaux, une vocation qui subsiste jusqu'en 1997.

Quand les Parent - il est chiropraticien de carrière et de fortune - ont acheté la résidence en novembre 1999, elle était inoccupée depuis plus de deux ans. Mais, comme le disait M. Parent, elle était relativement en bon état, sauf pour les nombreux trous percés dans les planchers de bois dur pour faire passer les nombreux fils des gadgets de la déesse Modernisation.

Quelques mois - et sans doute des centaines de milliers de dollars plus tard -, les Parent ouvraient les portes de leur auberge. C'était en mai dernier.

Le manoir comprend six chambres, toutes meublées avec autant de richesse que les pièces communes du rez-de-chaussée, toutes avec salle de bains privée, avec baignoire ou douche et très modernes (celles de l'étage sont particulièrement réussies, cachées par des portes françaises, un luxe), et toutes décorées par Michelle, conseillée par le décorateur-ensemblier Michel Beaudry, de Québec. On notera au passage la richesse des planchers ornementaux et de la rampe d'escalier surmontée d'une remarquable lampetorchère.

Nous avons hérité de la plus grande chambre, la Polette, située au rez-de-chaussée. Cette dernière a été aménagée dans la cuisine d'avant 1920. Impressionnante à cause de son plafond de 12 pieds de hauteur et de son alcave à cinq côtés encadrée de pilastres rainurés à chapiteau corinthien, elle comprend un lit king très confortable, une grande armoire en bois ouvré de plusieurs essences, un bureau double richement sculpté et deux tables de chevet assorties, tous avec dessus en marbre rose d'Italie. Une moquette moelleuse à motifs floraux s'harmonise à une décoration à caissons. Deux lampes sur pied et deux lampes sur table favorisent la lecture, tandis que des rideaux frangés à petits quadrillés beiges et bruns protègent l'intimité des occupants de cette chambre très éclairée.

La salle de bains, très moderne, ne comprenait qu'une douche, mais on y trouve également les petits flacons qui font votre bonheur, un séchoir à cheveux et un confortable peignoir, autant d'attributs qu'on ne trouve généralement que dans les hôtels plus luxueux. En se forçant un peu pour déceler quelque chose qui cloche, disons que la douche est un peu étroite et qu'on aurait pu penser à un endroit mieux approprié pour le papier-cul.

Le petit déjeuner complète bien un séjour à l'auberge. Mitonné par M. Parent lui-même (du moins ce matin-là), il comprenait un jus d'orange frais, un pamplemousse grillé, un yogourt maison et une omelette au fromage accompagnée de fruits et d'un petit pain fourré de beurre d'épinard, le tout arrosé d'un café bien chaud.


Le manoir de Blois

Et que vient faire le manoir de Blois dans toute cette histoires; Disons que la maison fut construite la même année que le château de Blois, situé une rue plus à l'est, là où se trouve actuellement l'hôtel Gouverneur. D'abord construit comme résidence du juge D'amour lin, le château est acheté en 1892 par le D, de Blois qui le transforme en sanatorium. Après le grand incendie de 1908 qui a épargné tant le château que la maison Polette, le Dr de Blois décide de donner un vocation hôtelière à l'établissement. En 1966, quand il fut détruit par les flammes, il contenait 170 chambres. C'est pour commémorer cet hôtel que les Parent ont décidé d'appeler leur résidence manoir de Blois, dans lequel loge la Petite Auberge de la Bonaventure.

Petite Auberge de la Bonaventure
197, rue Bonaventure, Trois-Rivières, Qc J9A 2A9
Téléphone: 1 (800) 397-5184


Forfait comprenant nuitée et copieux petit déjeuner, a un excellent rapport qualité/prix.

 




Manoir DeBlois 197 rue Bonaventure Trois-Rivières (Québec) Canada G9A 2A9 / Tel: (819) 373-1090 ou 1-800-397-5184 | Fax : (819) 373-7710